Yves Saint Laurent/Serge: Lutens Regards croisés sur la féminité marocaine

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«Les lèvres» et «Le savon noir» font partie de la collection photographique réalisée dans les années 80 par Serge Lutens sur les gestes et les ingrédients traditionnels de beauté au Maroc (Source: FNM)


Serge Lutens est tout à la fois artiste, photographe et cinéaste, architecte de la mode et créateur de parfums. Yves Saint Laurent n’est plus à présenter. Tous deux sont au coeur de la nouvelle exposition temporaire du Musée des Confluences, Dar El Bacha à Marrakech.

Jusqu’au 10 janvier 2020, «Étoffe des sens, résonances, Serge Lutens, Yves Saint Laurent» rassemble une collection de caftans acquise par le couturier français et Pierre Bergé, ainsi qu’une série de photographies réalisées dans les années 80 par Serge Lutens sur les gestes et les ingrédients traditionnels de beauté au Maroc. Des mises en scènes pour de poétiques visuels tout en élégance.

Le khôl pour maquiller les yeux, le ghassoul ou le savon noir pour nettoyer la peau, les parfums, le thé, l’arganier… sont les modèles sous l’objectif de cet artiste français tombé sous le charme de Marrakech en 1968. Deux ans précisément après le premier voyage d’Yves Saint Laurent au Maroc, pays où ils ont tous les deux puiser de l’inspiration pour nourrir leur univers de travail dédié aux femmes. Une sorte de croisée des trajectoires de ces créateurs de vêtements et d’images au coeur d’une ville pleine de lumière, de couleurs, de senteurs et de parfums.

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Dar El Bacha, construit en 1910, est l’un des plus beaux palais de la ville ocre. Un cadre parfait pour l’exposition «Étoffe des sens, résonances, Serge Lutens, Yves Saint Laurent», qui nous plonge dans l’art et dans la mode. Visible jusqu’au 10 janvier 2020 (Source: FNM)

Pour abriter l’événement, Dar El Bacha a tous les atouts. Un luxueux décor, des façades ouvragées, des boiseries et plafonds en bois de cèdre, des zelliges inspirés de l’architecture arabo-andalouse et un vaste patio arboré. Ce musée, construit en 1910, qui est l’un des plus beaux palais de la ville ocre, est le cadre parfait pour cette exposition qui nous plonge dans l’art et dans la mode.

Mais ici, il s’agit de découvrir tous les secrets de l’élégance féminine dans le Royaume entre les richesses du costume traditionnel à travers la collection Saint Laurent-Berger et les mises en scène fixées sur photographies signées Lutens.  Pour rappel, l’accès au Musée des Confluences est gratuit tous les vendredis pour les Marocains et les résidents étrangers et tous les mercredis pour les étudiants.

Les 1001 vies de Serge Lutens

Cheveux plaqués, teint pâle, yeux charbonneux. Serge Lutens  pose son empreinte sur la féminité. Il plonge dans la marmite de la mode dans les années 1960 en collaborant avec le Vogue français, aux côtés des grands photographes de l’époque, lance une ligne de maquillage pour Christian Dior et commence à exposer ses photographies dans les musées les plus réputés au monde. Il collabore ensuite avec le groupe de cosmétiques japonais Shiseido, tout en voyageant beaucoup. Après quelques séjours au Maroc, il acquiert une maison à Marrakech en 1974. Inspiré par les odeurs de la médina, d’ambre, de santal, de bois… il met au point ses propres collections de parfums. Aujourd’hui, la Fondation Serge Lutens, hébergée dans le riad de la ville ancienne acquis par l’artiste, préserve les collections de bijoux, tableaux et objets, constituées au fil des années.

la source: L’Économiste