Tourisme: Un presque sans faute pour Marrakech

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Maître Gims a repris du service sur la place Jemaa El Fna. Le chanteur y a donné un concert exceptionnel gratuit pour la soirée du 28 décembre. Une autre manière de dire non au terrorisme De nouveau, la ville réalise un record de remplissage
Et réussit à attirer des stars pour les fêtes de fin d’année
Des bémols, l’anarchie des taxis et parkings

Marrakech a célébré l’année en beauté. Plusieurs têtes d’affiche étaient en concert public ou privé et animaient des soirées organisées par les hôtels de luxe et les boîtes de nuit. Parmi eux, Maître Gims, qui a offert aux marrakchis un show inédit le 28 décembre à Jamaa el Fna, après avoir laissé la scène à de nombreux autres artistes comme les rappeurs H Kayne, le groupe Cravata et les marrakchis, Fnaïre accompagnés de la star marocaine de Bollywood, Nora Fatehi. 

Avec des titres mondialement connus, Maitre Gims, lunettes de soleil vissées sur le nez comme à son habitude, a conquis ses fans et mis le feu à la place. Une foule de monde se masse sur la place, et pour les plus chanceux, une zone VIP qui leur a été réservée. Maître Gims n’est pas à son premier spectacle au Maroc.

L’exceptionnel groupe marrakchi Fnaire était aussi de la partie pour le concert de Jamaa El fna. Le groupe était aux côtés d’autres stars qui se sont données à fond pour offrir un beau spectacle sur la place

L’artiste s’était déjà produit au palais Badii en 2015 lors de la 5e édition du Marrakech du rire répondant à l’invitation de Jamel Debbouze. Il a décidé depuis 2017 de se produire gratuitement chaque fois que c’est possible à Marrakech parce qu’il est très attaché à la ville où il fait de réguliers séjours en famille.

Cette année, son concert portait aussi un message de paix et de solidarité avec la région, touchée par des actes de terrorisme. Maitre Gims souhaitait ainsi contribuer à la promotion du Maroc. Organiser ce concert gratuit à Jamaa El fna en présence de plusieurs milliers de spectateurs était un défi qui a été relevé, malgré quelques petits couacs organisationnels et un retard dans la programmation.

Comme un cri contre tout acte de terrorisme, les spectateurs ont levé le slogan «I love Marrakech», inspiré du slogan américain lors des attentats de New-York

Le défi a été aussi sécuritaire. Excepté un trafic paralysé aux abords de la place, tout a été maîtrisé, par les autorités de la ville, largement mobilisées avant, pendant et après le spectacle et durant toute cette période de fête.  La sécurité est une priorité pour une ville comme Marrakech où le tourisme représente la principale activité économique. Globalement, la cité ocre s’en sort très bien sur le plan touristique. La ville a réalisé de très bons scores.

Sur les 11 mois de l’année 2018, elle a connu une croissance à deux chiffres par rapport à la même période en 2017 tant sur les arrivées (+12% avec 2.400.000 arrivées) que sur les nuitées (+10% avec 7.200.000 nuitées) et le taux d’occupation qui a enregistré une amélioration de 6 pts  passant ainsi de 52% à 58%). Ces bons scores, elle les doit à la reprise des marchés français (18%), allemand (22%), espagnol (52%) et aussi le marché interne.

L’émergence de nouveaux marchés, notamment le marché chinois a aussi largement contribué à cette performance. Et cette année, le mois de décembre a été aussi bon du moins pour une bonne partie des hôtels sis au centre ville et à Agdal. Le congrès de la migration, les sides-events,  organisés en marge de cet événement onusien ont permis d’attirer plus de 6.000 arrivées supplémentaires.

Barrage, contrôle… un immense dispositif sécuritaire a été mis en place pour les fêtes de fin d’année

Enfin, et comme chaque année, la ville a affiché presque complet pour les trois derniers jours de l’année pour lesquels l’ensemble des hôteliers se sont préparés et dédiés des programmations spéciales. Ainsi et selon les estimations des professionnels locaux,  Marrakech devrait achever l’année avec près de 2.600.000 arrivées et  8.000.000 nuitées et un taux d’occupation moyen de 60%.

Pour 2019, le plan d’action 2019 du conseil régional du tourisme s’articule justement autour du développement et la promotion du MICE. Le Marrakech convention bureau, en cours de création devra permettre de créer une structure dédiée à la promotion de l’offre marocaine à l’international, regroupant l’ensemble des intervenants de la filière pour positionner la cité ocre sur ce créneau.

L’anarchie des parkings et des taxis continue

Un presque sans faute pour Marrakech pour la fin de l’année, sauf en ce qui concerne les taxis et les gérants de parkings. Les premiers ont repris leur mauvaise habitude et refuser les clients marocains et marrakchis. Leur préférence va aux touristes étrangers, non pas parce que les taxis se sont comme par miracle convertis au service, mais parce que c’est l’occasion pour bon nombre de pratiquer un tarif forfaitaire, soi-disant plus rémunérateur. Ce «délit de faciès» est passible de suspension de permis de conduire allant de 15 jours à 3 mois. Grosse anarchie aussi du côté des parkings. Si au Guéliz, les trottoirs se sont transformés en parking clandestin de stationnement pour les motos et les voitures électriques, à la médina, c’est la surenchère des prix qui suscite la grogne des marrakchis et des touristes. Les parkings privés ont augmenté les prix de stationnement, passant de 20 à 30 DH/heure et par véhicule et 100DH par nuit. Le touriste juge la destination par son hôtel, mais aussi par son produit, ses trottoirs, son transport…Ce sont ce genre de détails qui dégoûtent les touristes et font la différence entre les destinations.

Source: leconomiste.com