Tourisme du golf: Marrakech peut développer une industrie.

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«On ambitionne d’augmenter de 20% le nombre de touristes golfeurs, et ce dès 2020 avec une croissance soutenue à l’horizon 2021, espère Nicolas Barraud, président de l’Association des golfs de Marrakech.

L’Economiste: La 22e édition de l’IGTM a consacré Marrakech comme capitale du golf. Quels sont ses impacts à court terme?

  • Nicolas Barraud: Avant de parler d’impact, je voudrais revenir sur l’édition qui a marqué les esprits et a été un record en nombre de participants, de tour-opérateurs et des exposants qui ont répondu présents. Le tournoi de l’IGTM s’est joué sur 6 golfs avec 400 participants. Une première. C’est ainsi que nous avions rêvé et imaginé l’événement lorsqu’on avait présenté la candidature de Marrakech. Les études ont démontré que l’année qui suit l’organisation de l’IGTM, le pays organisateur reçoit 20% de touristes golfeurs et nous ambitionnons de doubler les flux actuels à l’horizon 2021. Et pour Marrakech, qui accueille 40.000 touristes golfeurs, 20% de plus sur ce segment serait une aubaine. Cela se traduirait à court terme par 32.000 nuitées supplémentaires par an.
  • Justement, avec 40.000 touristes, le bilan reste tout de même très modeste…
  • Il faut savoir que le Maroc (Marrakech) était peu placé sur la carte des TO spécialisés et des golfeurs et l’IGTM nous a permis de rectifier le tir et d’avoir une visibilité sur les marchés anglophones et particulièrement britanniques, le plus grand pourvoyeur. Vous savez, de tous les produits touristiques, le golf est le créneau qui se développe le plus. Son évolution est 2,5 fois plus importante que celle du tourisme global. Concernant la stratégie, elle devrait à mon avis se centrer sur Marrakech qui est une marque internationale et qui doit le devenir dans le golf aussi, vu les infrastructures golfiques dont elle dispose. La cité ocre est une porte d’entrée pour ce segment, avec des packages prenant en compte les terrains des villes avoisinantes comme ceux d’Essaouira ou encore Agadir.
  • Quels sont les concurrents de Marrakech? Peut-on raisonnablement se positionner?
  • En termes d’infrastructures, nous sommes certes des outsiders, face à l’offre des destinations espagnole et portugaise (Ndlr: à titre comparatif, la région d’Algarve dispose de 43 greens). Heureusement pour nous, ces destinations ont des points faibles dont l’occupation très élevée des parcours, la cherté du green-fee (le prix que doit payer un golfeur pour accéder au terrain de golf), les mauvaises conditions climatiques en dehors de l’été. Aujourd’hui, les TO spécialisés souhaitent présenter d’autres alternatives, et Marrakech, qui regroupe plusieurs terrains de golfs, peut et doit se positionner. A Marrakech, nous sommes conscient des exigences et notre offre est parfaitement conforme aux normes et va même au-delà du parcours lui seul. On propose une expérience globale pour le touriste et une offre très écologique. Presque tous nos golfs à Marrakech sont connectés à la station de traitement et de réutilisation des eaux usées qui est dédiée uniquement à l’arrosage des golfs de Marrakech.

Source: L’Économiste