Tourisme du golf: Marrakech dans les radars internationaux.

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Marrakech est encore loin de réaliser son potentiel sur le segment du golf. Avec 40.000 touristes, la ville pourrait faire nettement mieux sur ce créneau porteur de valeur ajoutée (Source: CRT)

400 millions de DH. Ce sont les recettes que génèrent les touristes golfeurs à Marrakech. Avec 40.000 touristes, encore loin de son véritable potentiel, ce segment est porteur en termes de devises, de nuitées et de valeur ajoutée. Et ce n’est pas pour rien que les professionnels et le Conseil régional du tourisme (CRT) misent sur ce créneau et espèrent une stratégie à part pour le tourisme du golf.

Les infrastructures existent tant en termes de green et hôtels de luxe pour accompagner cette catégorie de touristes, très exigeante.  Actuellement, ce sont plutôt les golfeurs français qui représentent plus la clientèle des greens et les professionnels tablent sur les golfeurs en provenance des autres marchés.

La 22e conférence de l’IGTM (International Golf Travel Market), organisée récemment à Marrakech par l’ONMT, la FRMG et Reed Exhibition, a donné une plus grande visibilité de la cité ocre auprès des tour-opérateurs et des férus de ce sport. Reste à continuer sur cette lancée, recommandent les professionnels.

«Notre ambition est d’entreprendre un chemin de croissance pour la filière au cours des prochaines années pour doubler le nombre de touristes golfeurs à Marrakech d’ici 3 ans», espère Nicolas Barraud, président de l’Association des golfs de Marrakech. Et les nouvelles sont plutôt bonnes et confortent cette ambition.

L’Association internationale des voyagistes de golf (IAGTO), qui a déjà consacré Marrakech comme meilleure destination golfique pour l’Afrique, vient de conclure une convention de partenariat avec l’ONMT pour une durée de 3 ans et ce, pour augmenter à court terme le nombre de touristes.

Concrètement, l’Office s’engage sur plus de promotion du produit golfique national. Il sera accompagné par l’IAGTO que ce soit pour la distribution ou encore la commercialisation du produit golfique marocain. A noter que les opérateurs de l’IAGTO -2.000 voyagistes dont 529 TO spécialisés- contrôlent plus de 85% des forfaits vacances au golf vendus dans le monde et génèrent un chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard d’euros par an.

Potentiel sous-exploité

A Marrakech, le potentiel économique du golf reste sous-exploité. La contribution du golf à l’économie pourrait être largement maximisée quand on sait que le touriste golfique dépense 61% de plus qu’un touriste traditionnel au cours de son séjour. En effet, un golfeur équivaut  à 5 touristes classiques, analyse ce professionnel. Le touriste classique dépense en moyenne 1.000 euros, tandis que le golfeur en dépense 4 fois plus et fait trois à quatre voyages par an.

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Au cours des 10 dernières années, 10 parcours ont été construits. Avec 13 greens opérationnels dans la ville de Marrakech et un 18 trous à Essaouira, la région dispose de la plus grande offre marocaine. En dehors de la France, la stratégie golfique cible désormais d’autres marchés émetteurs tels que le Royaume-Uni, Allemagne, Suisse, Scandinavie



Un golfeur ne saura se résigner tant qu’il n’aura pas joué dans l’ensemble des terrains de la ville», estime ce même expert. Un filon que les professionnels comptent exploiter en multipliant des formules à la carte combinant parcours, massages et visites. Dans le monde, on estime le nombre de golfeurs à plus de 50 millions, dont 8 millions qui voyagent régulièrement à l’international pour découvrir de nouveaux parcours.

Pour échapper à la grisaille hivernale, de nombreux amateurs de la petite balle blanche optent pour les destinations ensoleillées et Marrakech peut se positionner.  Si les golfs sont de véritables sources de revenus, ils le sont aussi par le nombre d’emplois qu’ils mobilisent. Au total, ce sont plus d’un millier d’emplois qui dépendent directement de l’activité à Marrakech, recouvrant un champ varié de savoir-faire, de compétences et de qualifications.

Un golf de 18 trous emploie entre 80 et 140 personnes (dont greenkeepers, jardiniers, caddies, restaurateurs…) à majorer avec les emplois créés indirectement. Pour répondre aux besoins de ses clients les plus exigeants, un promoteur de golf à Marrakech, Al Maaden, a même fondé une académie de caddies (porteur et conseiller du golfeur) qui forme du personnel pour ses besoins, mais aussi pour d’autres greens.

Enfin, le golf opère dans une vingtaine de filières de métiers liées au sport et aux activités touristiques. C’est dire son potentiel. A noter que l’activité à Marrakech est un cas d’école. Aujourd’hui, la loi exige que les projets golfiques prévoient des stations de traitement et d’épuration d’eau pour leur arrosage.

Plusieurs golfs sont aujourd’hui arrosés par les eaux usées de la ville d’Agadir, Essaouira, El Jadida  et Saïdia. Les golfs permettent de récupérer une eau traitée qui allait être déversée dans les fleuves ou dans la mer, et deviennent ainsi acteurs en matière de dépollution des eaux usées.

Source: L’Économiste