Les Anglais battent tous les records de fréquentation à Marrakech.

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Quelques mois après la visite du couple princier Harry-Meghan, les arrivées britanniques augmentent tellement que certains hôtels enregistrent des taux d’occupation supérieurs à 100%.

“Durant le mois de février, nous avons été dépassés par une très forte demande du marché britannique. A tel point que si nous avions accepté toutes les réservations, nous aurions eu un taux d’occupation hôtelier de 107%. La conséquence est que le Four Seasons a été obligé de rediriger ses clients vers d’autres établissements”, nous révèle un membre de la direction de cet hôtel de luxe à Marrakech.

Un attrait en hausse constante depuis la COP22

Cet engouement inédit nous a été confirmé par plusieurs professionnels dont Jean Alexandre Bouhlal Bauchet, DG de l’hôtel Saâdi Palace, qui évoque une croissance constante des arrivées du marché anglais qui a drainé 640.000 visiteurs en 2019 au niveau national et 250.000 pour la seule ville de Marrakech.

“En ce moment, c’est tout le temps le coup de feu car depuis la COP22, ça n’arrête pas de monter. On se dit que c’est cyclique et qu’à un moment, ça va finir par redescendre mais c’est le contraire.

“Chaque mois qui passe bat le record du même mois de l’année précédente (ex: Janvier 2020 a dépassé janvier 2019 qui lui-même a dépassé 2018, et ainsi de suite).

Le tourisme golfique d’origine britannique explose

“Concernant le taux d’occupation du Four Seasons, ce chiffre est énorme et s’explique, selon moi, par plusieurs facteurs.

“La visite du couple princier Harry-Meghan a certainement beaucoup joué et influencé les Anglais mais il y a surtout eu une vraie recrudescence des arrivées britanniques golfiques.

“En effet, la tenue en octobre dernier du salon IGTM (spécialistes du golf) sous un chapiteau à Bab Jdid a eu un très fort impact sur la clientèle golfique.

“L’autre énorme publicité pour Marrakech a été le tournoi PGA (Tour Champions Morocco) qui a accueilli d’anciennes gloires (Gimenes, Duhan Bayle, Calcavecchia …) du golf très prisé par les Britanniques. Diffusé sur la télévision “Golf Channel”, les répercussions ont été planétaires mais surtout anglaises.

Une fréquentation exceptionnelle en février

“Il y a eu un effet direct sur nos réservations anglaises qui représentent 25% du total des réservations du Saâdi. Le pourcentage de cette nationalité grimpe chaque année en passant de 20% en 2018 à 25% en 2019.

“Si d’ordinaire, février est une période plutôt moyenne en termes de fréquentation, le mois courant a littéralement explosé les compteurs avec 85% de taux d’occupation en février pour le seul hôtel Saâdi”, conclut Bouhlal-Bauchet qui table sur une forte contribution de ce marché à son CA pour 2020.

Sollicité à son tour, un autre opérateur requérant l’anonymat, confirme l’engouement actuel en ajoutant que le 2e marché étranger du Maroc pourrait à partir de 2024 atteindre 1 million d’arrivées.

“Après la tempête Cynthia qui a frappé la GB avec des vents dépassant les 180 km/h, les amateurs de golf ou plus simplement de repos sont de plus en plus nombreux à se rendre dans cette ville ensoleillée.

“C’est d’autant plus inédit que le nombre de connexions aériennes entre les deux pays n’a pas explosé. Certes, il y a eu quelques ouvertures de lignes, mais aussi la fermeture de deux vols assurés par Air Arabia.

Un rush britannique multidimensionnel

“Pour résumer, le rush actuel tire parti des vacances scolaires en Grande-Bretagne, de la fin du Brexit, de l’après tempête Cynthia, de la visite très médiatisée du prince Harry, de la signature récente d’un accord de libre-échange entre les deux pays et enfin de la tenue d’une réunion de la CGEM à Londres qui a permis d’intéresser les hommes d’affaires anglais souvent golfeurs.

“Préférant une destination stable, les Britanniques évitent des pays comme la Turquie ou l’Egypte à cause d’éventuels attentats liés au conflit syrien ou palestinien post-‘deal du siècle”, explique l’opérateur en citant la croissance permanente des arrivées et des nuitées de ce marché.

En 2019, il y a eu 640.000 arrivées (+8% par rapport à 2018) et 2,3 millions nuitées (+10%). C’est trois points de plus que la croissance moyenne des arrivées (+5,2%) et 4 de plus que celle des nuitées (+6%).

“A ce rythme, le Maroc devrait logiquement recevoir 1 million de Britanniques en 2024”, conclut optimiste notre interlocuteur qui ajoute que la ville ocre représentera une grande part de cet objectif.

Comme ses confrères professionnels, Abdellatif Abouricha, responsable de la communication du CRT (Centre régional du tourisme) de Marrakech, confirme le rush inédit du marché anglais dans sa ville.

Une visite princière évaluée à plusieurs millions de dollars

“Si la fréquentation britannique atteint de tels sommets dans les hôtels de luxe et dans les maisons d’hôtes, ce n’est pas un hasard.

“C’est grâce aux nouvelles liaisons aériennes et à la promotion de l’ONMT qui a beaucoup investi pour développer ce marché émetteur, classé après celui des Français.

“Entre le froid glacial anglais et le soleil permanent dans les 13 golfs de la ville, le choix est vite fait.

“Mais le vrai détonateur de ce rush, qui équivaut à une campagne publicitaire de plusieurs millions de dollars est sans aucun doute la visite ultra-médiatisée du prince Harry et de sa femme Meghan.

“Cet événement diffusé par l’ensemble des médias de la planète a, selon moi, beaucoup joué dans l’explosion actuelle de la fréquentation britannique.

L’attractivité de Marrakech a en effet été renforcée avec une image de destination sûre et stable, fréquentée et validée par le couple princier.

“Ce coup de publicité est d’autant plus remarquable que ses effets arrivent plusieurs mois après la visite et se produisent pendant un mois de basse saison qui accueille d’habitude congrès et séminaires.

“Cette hausse est donc une accélération, sachant qu’en 2019, les 250.000 arrivées recensées à Marrakech avaient augmenté de 13% par rapport à 2018 et que les nuitées s’étaient établies à 1,2 million (+11%).

“Au final, le phénomène inédit observé au Four Seasons a en fait touché plusieurs hôtels de luxe comme la Mamounia, le Saâdi, le Sofitel, l’Hermitage … qui ont dû coopérer et trouver des solutions pour leurs clients en attente d’hébergement”, déclare visiblement ravi Abouricha qui ajoute que la durée moyenne de séjour des Anglais (très dépensiers) est passée à 5 jours contre 4 précédemment.

Source: Médias24