Catanzaro, une histoire d’amours

/ /

On ne présente plus le Catanzaro, véritable institution et temple de la cuisine della mamma à Marrakech, ni ses charmants propriétaires Geneviève et Jawad Amrani, aux sourires toujours aussi juvéniles. Les vieux de la vieille vous y intronisent, les jeunes passeront le relais.

Mais on connaît moins souvent l’histoire derrière l’établissement, et c’est fort dommage, c’est une très jolie histoire d’amours, oui avec un « s ». D’abord celui de Geneviève et Jawad, les inséparables. Ils se sont connus sur les bancs de l’école hôtelière, puis ont travaillé main dans la main à la Mamounia. Lorsque Jawad intègre en 1980 le Sofitel, les couples ne sont pas admis par le groupe. Certes, les enfants sont petits, certes Geneviève pourrait rester à la maison. C’est mal la connaître. Son mari et elle décident donc de monter un restaurant « pour Geneviève », qui ouvre en 86. Si vous vous souvenez du Marrakech de cette époque, vous comprendrez qu’il fallait du cœur à l’ouvrage. Tractations pour obtenir de la mozzarella avec le chef de la Villa d’Oro à Casablanca, tournées des marchés à l’aube pour rapter les filets de bœuf, et Geneviève et sa petite voiture assurant le ravitaillement deux fois par semaine au marché de gros. On vous avait dit de ne pas vous fier à la frêle et discrètement souriante carrure de la Mamma…

Pourquoi un restaurant italien ?

Par amour, évidemment. À l’époque n’existait qu’une pizzeria, chez Jean-Pierre, au Camping de Marrakech près de la RADEEMA (oui, cela ne nous rajeunit pas). Jawad et Geneviève sont amoureux et amoureux de la gastronomie, celle d’Italie particulièrement, qu’ils parcourent pendant leurs vacances en famille. Le nom, ils l’ont choisi au hasard sur une carte, pour se démarquer des « Roma » et « Napoli », parce que cela sonnait bien… Alors, à ce propos, ils y sont finalement allés quelques années après. « N’y allez pas, c’est assez nul », conseille en riant Jawad. Depuis ses débuts, la carte du restaurant a bien entendu évolué, mais pas l’esprit du lieu, gai, vivant, franc dans l’assiette, tous produits qualité en avant. Et les clients sont à l’avenant, fidèles, discrets quand ils sont des stars ou des politiques, et surtout gourmands, gage de la qualité de la maison. L’histoire d’amours est loin d’être finie, leur fils Mehdi a ouvert ses PASTAZ, concept plus urbain et moderne avec livraison à domicile, mais avec les mêmes valeurs et le même amour du four à bois, et avec sa femme le Dar « Kantzaro« . On vous laisse aller voir la traduction, c’est une assez jolie façon de définir l’amour que toute cette famille apporte à ses clients…

Catanzaro, rue Tarik Ibn Zyad, Guéliz

Tel : 05 24 43 37 31

facebook.com/CatanzaroMarrakech

Source: latribunedemarrakech